On distingue bien souvent droit positif, qui se rapporte à l’ensemble des lois d’un Etat, et le droit de nature. Mais qu’est-ce que ce droit naturel ? Sa définition fait intervenir la notion de puissance. Déjà pour commencer à exister, cette puissance apparaît indispensable. L’essence de toute chose n’évoluera pas mais la puissance est indispensable à la prolongation de l’existence de ce qui, selon B.de SPINOZA, exerce une action. Toute entité naturelle jouit donc d’un droit par nature, celui-ci se mesure par le degré de puissance établit dans son existence et ses actions exercées. Mais la pratique du droit naturel chez l’individu humain n’est malheureusement pas guidée par la puissance de sa raison, mais plutôt par ses « désirs aveugles » comme l’indique SPINOZA in Traité de l’Autorité Politique. Mais que son action soit de l’ordre de la raison ou de la convoitise, l’homme ne peut agir que selon les possibilités de la nature, de sa condition propre, c’est-à-dire selon le droit naturel. L’homme, aussi prétentieux qu’il puisse être, appartient à la nature. De là, rappelons que l’homme, à l’image de ses congénères vivants, est dirigé dans ses faits et gestes par l’instinct de conservation, à la différence près qu’il dispose lui d’une valeur fondamentale : la liberté de sa volonté. Il esrlibre car il développe assez de puissance pour exister et agir selon les lois de la nature humaine. Il est évident que cet individu humain ne peut ou ne veut pas toujours faire usage de sa raison selon les situations d’action. Mais à tout moment d’agir, l’individu exerce son plein droit naturel, sauf dans les cas restrictifs où il n’a pas la capacité, dans la nature, ou le désir d’effectuer l’action. La tromperie et le mensonge sont dans cette logique admise par le droit naturel. En fait, l’homme ne peut expliquer les lois de la nature par sa propre raison, ce qu’il proclame mauvais se rapporte uniquement à sa nature humaine. Mais cette puissance précédemment énoncée met aussi en lumière une dimension octroyée par le droit naturel. Deux individus en parfait accord sont enclins à fusionner leurs force, leur puissance et donc leur droit. Dès lors, ce droit issu de la fusion a une dimension supérieure au droit d’un des deux pris isolément. Il en découle que plus les individus à se mettre d’accord sont nombreux, plus la dimension de leur droit commun est considérable. Le droit d’un individu seul diminue donc au fur et à mesure de l’augmentation du droit de l’ensemble des individus, ou, selon SPINOZA, « la puissance de la masse ». De plus, comme l’homme n’est pas soumis par nature à sa raison, rien ne l’empêche d’enfreindre les lois établis par l’autorité publique, c’est-à-dire le droit de l’ensemble d’individus formant une société, sous la direction d’un Etat.
Par Warszawa
-
Publié dans : dayvan.cowboy
0
-
Recommander