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Mercredi 14 mars 2007
Après son "Mémoires de nos Pères" au scénario ciselé et pertinent, au traitement subtil mais souffrant d'un relatif manque d'efficacité, carence certainement due à cette volonté de transparence, de clarté chère à ce formidable perfectionniste qu'est Eastwood, "Lettres d'Iwo Jima" étonne de prime abord par sa photographie tendant à l'épuration des couleurs, à l'expression d'une teinte sépia désuète, déprimante (à l'image de la guerre ?). Si le spectateur doit être éblouit, ce n'est certainement pas par l'image formelle mais plutôt par cette pathétique aventure humaine que constitue cette bataille, vain chant du signe d'une armée japonaise, vouée d'avance à sa perte mais menée par un esprit patriotique inoxydable, ce qui démontre avec plus de force encore la prise de pouvoir, en temps de guerre, de l'esprit collectif, prêt à tant de sacrifices, au détriment de la conscience individuelle, certainement hostile au hara-kiri, symbôle d'un Etat qui fait prévaloir le prestige d'une nation avant le bien-être de sa société, condition sine qua non de son existence. La linéarité du récit renforce l'irréversiblité du dénouement. De plus, ce brillant exercice de style est servi par des acteurs brillants, expressifs et jamais cabotins, ce qui ne fait que renforcer la dimension universelle du propos eastwoodien, propos au combien important, mais si souvent négligé. Un dernier détail: la bande originale est aux petits oignons...

Note: 17/20
Par Warszawa - Publié dans : Ce que nous devons à Méliès (critik about Kino)
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