Tout comme dans les religions monothéistes, l’homme grec était soumis au divin dans l’antiquité : comme le serviteur au maître dont il dépend. Mais comme l’indique J.P.VERNANT et au contraire de la religion chrétienne, « la piété de l’homme grec n’emprunte pas la voix du renoncement au monde, mais de son esthétisation ». Même si la distance des dieux aux hommes est infranchissable, l’homme grec a pourtant le sentiment d’une proximité, chaque manifestation d’harmonie terrestre lui semble refléter l’ordre divin. De plus, le culte introduit dans la vie des hommes une dimension nouvelle faite de beauté, de gratuité, de communion heureuse. Même s’il dépend de la divinité, l’homme grec peut lui s’accomplir durant sa vie. D’ailleurs, l’espoir d’une immortalité n’entre pas dans le cadre du commerce avec la divinité. Le pieux chrétien en qui est ancré le sentiment de dette ultime à son Dieu en devient l’esclave, le débiteur soumis à vie à son créancier, il cesse du coup d’être libre. L’homme grec rend lui le monde des dieux assez lointain pour garder, par rapport à lui, son autonomie. Il ne se sent pas devant l’infini du divin, impuissant et réduit à rien. Le Chrétien exprime sa misérabilité jusque dans l’art. L’aspect majestueux des cathédrales gothiques n’exprime-t-il pas la volonté d’élévation vers Dieu, l’homme n’ayant rien à espérer de sa vie terrestre. Dès lors, l’homme chrétien nie le sens fondamental d’une vie : dans tout le champ des choses humaines, il s’agit pour chacun d’entreprendre et de persévérer pour réussir. Par contre, l’homme grec montre que le cas chrétien n’est en rien à généraliser. Celui-ci ne peut se passer de cette religion qui introduit dans la vie des hommes ce que J.P.VERNANT désigne comme « une dimension nouvelle, faite de beauté, de gratuité, de communion heureuse ». Les religions polythéistes antiques présentaient de plus une réelle cohérence dans leur mythologie. De nos jours, de nombreux dogmes se voient réfutés par la science moderne qui a réellement décrédibilisé son message et a sévèrement porté atteinte à son rayonnement.
Par Warszawa
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Publié dans : dayvan.cowboy
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