Les religions occidentales, chrétiennes notamment, ont imposé à l’homme une morale qui n’est clairement pas une nécessité de la nature, mais seulement un produit de son histoire ou de l’évolution de certaines civilisations. Il est possible de soutenir que cette morale est désuète au sens où elle n’a plus lieu d’être puisque les raisons cachées et sous-jacentes qui la soutenaient ont été dévoilées. Cette forme de morale issue du christianisme qui voit dans l’homme un pêcheur, c’est-à-dire un être fondamentalement souillé par la faute originelle et qui doit sans cesse combattre le mal qui est en lui, conduit à une morale de la mauvaise conscience. Il s’agit de la conscience malheureuse, qui doute toujours d’elle-même et qui est toujours insatisfaite d’elle-même parce qu’elle a le sentiment de ne jamais être en accord avec les fins qu’elle poursuit tout en se considérant comme libre et donc comme responsable de ne pas les atteindre. Cette conscience conduit l’homme à se dénigrer lui-même et à refuser le bonheur que pourrait lui offrir l’expression de la vie qui est en lui, la libre expression de ses désirs et l’affirmation de son individualité. Cette morale n’est certainement pas le seul guide possible pour aider à bien conduire nos actions, cette loi transcendante à laquelle nous devons nous soumettre pour conquérir et gagner notre salut. Nietzsche montre clairement qu’une telle morale repose principalement sur la soumission, sur la propension du plus grand nombre à obéir, c’est pourquoi la morale est principalement respect de la tradition : cette « autorité supérieure à laquelle on obéit, non pas parce qu’elle commande l’utile, mais parce qu’elle commande », indique Nietzsche dans Aurore. La morale chrétienne résulterait d’une domination de la faiblesse sur la force, de la peur sur la vie, de la servilité sur le courage de s’affirmer soi-même au risque de sa vie. Cette morale est une morale d’esclaves qui retournent contre eux-mêmes leur ressentiment et qui font l’éloge de la faiblesse et de l’humilité pour empêcher ceux qui veulent sortir du « troupeau des hommes » de s’exprimer et de s’affirmer. Mais si l’homme prend conscience de cette morale prônée par la religion chrétienne, il rend cette morale désuète, il met en lumière l’évidence qu’elle n’a plus lieu d’être, elle qui est le produit d’une réaction de la vie contre elle-même, de la vie qui a peur de se mettre en jeu pour s’affirmer.
Par Warszawa
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Publié dans : dayvan.cowboy
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