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Dimanche 11 février 2007
Mysterious Skin où la vérité ne semble déjà plus si loin...Mais il est sûr que toute morale se devait d'être mise au ban face à un sujet qui par l'abbatage médiatique à outrance a pris une dimension grotesque, aberrante, dont de sinistres moutons, étouffés de moraline, se sont fait le foireux cheval de bataille. Arraki nous donne à voir, mais ne se porte pas en prophète, le jugement serait d'ailleurs terriblement vain. Non, le film se hisse plus haut et dévoile une inexpiable sensation de dégoût, une envie de gerber sur ses chaussures neuves...Une dimension cathartique se dévoile : devant ces deux jeunes hommes, le spectateur ne baisse pas la tête, il contemple seulement cet incompréhensible désir de s'extirper d'un corps soudan devenu étranger, vendu au plus offrant ou offert aux expérimentations des plus farfelues. Mais lors de retrouvailles, ce sera l'étranger, le spectateur qui se posera les vrais questions, celles dont il ne possède malheureusement pas les réponses...




 Mysterious Skin: 18,5/20
Par Warszawa - Publié dans : Ce que nous devons à Méliès (critik about Kino)
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Dimanche 11 février 2007
Il est fréquent d’entendre que la science ne peut empiéter le domaine fondamental de la religion : la science s’occupe des jugements de fait et la religion s’accapare d’autres jugements, et plus particulièrement les jugements de valeur, la morale. Mais comment peut-on justifier les jugements religieux sur les valeurs et le sens à donner à une vie humaine ? En considérant le culte voué aux morts, certaines observations indiquent qu’un groupe humain tendra nécessairement vers certaines formes de religion.  La violence, par exemple, est un phénomène inhérent à toute société, tout à fait incontournable. R.GIRARD s’interroge lui sur la régulation de cette violence : elle est identique dans toute société. Si deux individus désirent un objet, bientôt un troisième, et puis un quatrième…l’antagonisme se généralise. Au paroxysme de la violence, la communauté va se focaliser sur une victime arbitraire qui fait l’unanimité contre elle : le bouc émissaire. Cette coupable désignée est tuée, la tension retombe, et la victime devient sacrée. C’est le mécanisme des religions archaïques. Le premier monument de l’homme est une tombe. Mais cette dimension se perpétue à travers la sacralisation de l’ancêtre enterré. L’homme vivant se sent de plus en plus faible face à ces ancêtres, craint de ne pas perpétuer leurs actions passées. Mais avec l’accroissement de la société et de sa puissance, la peur de l’ancêtre s’amplifie et devenu telle, l’aïeul, de la figure du héros, est transfiguré en dieu. Ce fait semble justifiable dans de nombreux cas. Dans la tragédie antique, les héros tragiques renvoient à un passé antique et sont justement tiraillés entre leur condition humaine et leur aspiration au divin tandis que les dieux eux-mêmes font figure de héros dans maints récits mythiques. Le héros tragique serait l’intermédiaire pouvant lier temporellement l’homme grec aux dieux qui souffrent eux aussi de moult passions humaines. La religion serait donc présente dans toute société, le rapport que l’homme construit entre la violence et le sacré la rendant incontournable. Mais le christianisme place lui Dieu comme victime. Cette victime n’est donc plus arbitraire. Le mécanisme est mis à nu : la victime est désormais foncièrement innocente. Dès lors, l’homme chrétien culpabilise à outrance, jusqu’à un point inexpiable. Il oublie toute volonté d’agir, et selon Nietzsche, est un homme de mauvaise conscience, un homme du ressentiment.
Par Warszawa - Publié dans : dayvan.cowboy
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Vendredi 26 janvier 2007
En effet, la technique inaugure une liberté nouvelle de l’homme. Elle est bien souvent la condition permissive d’une quelconque émancipation de l’homme. Premièrement, l’homme s’est libéré de la Nature et ce à divers niveaux. Par exemple, de l’Antiquité au XIXe siècle, le bien-être, voire la survie, d’un homme et même d’une communauté était étroitement lié à l’agriculture. L’agriculture, cette ensemble de techniques empiriques grâce auxquelles l’homme peut subvenir à certains besoins naturels, les laissait pourtant bien trop dépendant de cette humeur changeante inhérente à la Nature. Avec la Révolution Industrielle et son lot d’innovations, notamment agricoles, la société occidentale n’a progressivement plus subi les effroyables hécatombes des crises frumentaires et l’exode rural, expression de l’émancipation agricole, s’est accompagné d’une nourriture plus abondante et diversifiée nourrissant les campagnes et les villes en plein essor. Le phénomène d’urbanisation peut être d’ailleurs perçu comme la prise totale de liberté de l’homme face à la Nature. La ville se substitue à la forêt, le bitume recouvre la terre : l’homme ne peut pas se sentir plus libre que dans un monde totalement humanisé. Cette liberté s’associe à une libération :la libération d’une formidable volonté de puissance sur la Nature. L’invention de l’écriture est aussi représentative de l’émancipation humaine, qui s’affranchit de la peur de voir un jour son héritage sombré dans l’oubli. Précieuse pour transmettre les idées, indispensable pour fixer les savoirs et la mémoire sociale, elle peut aussi se retourner contre ce qui semble être sa première vocation :faciliter et enrichir la communication et l’expression de la pensée. Dans le Phèdre, Platon présente ce « don d’un dieu aux hommes » comme un cadeau empoisonné : s’ils se reposent sur l’écriture, les hommes épargneront, puis finiront par négliger leur mémoire. Cet exemple permet d’introduire l’aspect ambivalent de la technique. En effet, l’aventure prométhéenne de la technique depuis les premiers espoirs de Descartes fondés en la technique et la science nouvelle se donne libre cours. La technique a bien sûr offert le confort, les moyens d’une vie rallongée, l’allègement du travail humain mais elle a profondément bouleversé notre environnement et nos pensées. Ce n’est plus ce qu’entrevoyait Descartes, un savoir modéré et sage qui ne cherchait que : « l’invention d’une infinité  d’artifice, qui feraient qu’on jouirait sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s’y trouvent, mais principalement aussi pour la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ». En fait, la technique nous éblouit et nous fascine, outrepasse notre raison. Nous ne voyons que ce qu’elle produit et pas ce qu’elle enveloppe.
Par Warszawa - Publié dans : dayvan.cowboy
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Vendredi 26 janvier 2007
« La question des valeurs est plus fondamentale que la question de la certitude : cette dernière ne devient sérieuse qu'à condition que la question de la valeur ait déjà trouvé réponse ». Friedrich Nietzsche.



"Que serait-ce si, de jour ou de nuit, un démon te suivait une fois dans la plus solitaire de tes solitudes et te disait : « Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l'as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois, et une quantité innombrable de fois; et il n'y aura en elle rien de nouveau, au contraire ! il faut que chaque douleur et chaque joie, chaque pensée et chaque soupir, tout l'infiniment grand et l'infiniment petit de ta vie reviennent pour toi, et tout cela dans la même suite et le même ordre - et aussi cette araignée et ce clair de lune entre les arbres, et aussi cet instant et moi-même. L'éternel sablier de l'existence sera retourné toujours à nouveau - et toi avec lui, poussière des poussières ! » - Ne te jetterais-tu pas contre terre en grinçant des dents et ne maudirais-tu pas le démon qui parlerait ainsi? Ou bien as-tu déjà vécu un instant prodigieux où
tu lui répondrais: «Tu es un Dieu, et jamais je n'ai entendu chose plus divine ! » Si cette pensée prenait de la force sur toi, tel que tu es, elle te transformerait peut-être, mais peut-être t'anéantirait-elle aussi; la question «veux-tu cela encore une fois et une quantité innombrable de fois», cette question, en tout et pour tout, pèserait sur toutes tes actions d'un poids formidable ! Ou alors combien il te faudrait aimer la vie, que tu t'aimes toi-même pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation ! "
Le Gai Savoir § 341
Par Warszawa - Publié dans : dayvan.cowboy
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Vendredi 26 janvier 2007
Bref retour sur 2006 avec la désignation de ses albums marquants :

1) Shearwater : Palo Santo
2) Midlake : The Trials Of Van Occupanther
3 ) Sufjan Stevens :
The Avalanche: Outtakes & Extras From The Illinois Album !
4) The Dresden Dolls : Yes, Virginia

5) Mogwai : Mr Beast
6) Lullabye Arkestra : Ampgrave
7) Final Fantasy : Has A Good Home
10) Sigur Ros : Takk...
13) Tortoise : A Lazarus Taxon

8) O.M. : Conference Of The Birds

9) She Wants Revenge : She Wants Revenge

10) The Mars Volta : Amputechture
11) Tool : 10,000 Days
12) The Tangent : A Place In The Queue.

Chroniques A Venir...
Par Warszawa - Publié dans : Die Meistersinger von Nürnberg-Critik Muzak
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